On m'a beaucoup posé la question suivante "Comment as-tu trouvé ton stage au Japon ?"
En fait, il s'agit d'un coup de chance énorme, provoqué par une soif subite un jour d'été 2011. 

Source : pxhere.com

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 Trouver un stage au japon

Tout commence cet après-midi là aux archives de Bordeaux. J'ai chaud. Une fois n'est pas coutume, je décide d'aller étancher ma soif au distributeur d'eau fraiche situé dans le hall, plutôt qu'au robinet des vestiaires du personnel. Et puis cela me permettra de passer le bonjour à la secrétaire, une cinquantenaire adorable avec une panoplie de photos de familles encadrées à chaque coin de bureau.

C'est à ce moment que deux japonaises hors d'âges font leur entrée. Nous restons interdites. Les seuls visiteurs de ces archives municipales sont en général des étudiants en urbanisme ou bien des généalogistes chevronés. Dès lors, il y a fort à parier que les deux acollites en bobs et caméras hors de prix ne soient que des touristes perdues. Curieuse, j'engage la conversation. Ces deux dames sont en visite à Bordeaux pour quelques jours. Habitant Paris depuis bientôt 40 ans, elles parlent un français parfait. Elle comptent visiter les archives, car elle ont lu que le batiment estt classé au patrimoine. Pas de chance. Des archives, n'est ouverte que la salle de lecture, de Patrimoine, ne sont classées que la façade du batîment et la glycine tricentanaire à l'entrée.

Elles me posent beaucoup de questions, notamment sur ma formation et mes projets. La discussion se termine naturellement sur l'échange de nos cartes de visite.

Quelques semaines plus tard, l'une de ces deux dames me contacte par e-mail. Outre les bonnes impressions de Bordeaux, c'était formidable merci et une affreuse photo souvenir, le message contient un élément qui me sidère. Il dit à peu près ceci :

J'ai contacté un vieil ami qui tient un golf vers Nagoya. Parmi ses habitués, il y a un homme qui dirige une entreprise de reliure industrielle. Ce dernier se dit prêt à vous recevoir en stage.

#StupeurEtTremblements #Incroyable

Nous sommes au mois d'août 2011. Il me reste à ce moment-là, encore 10 mois à travailler aux archives de Bordeaux et beaucoup d'économies à faire. J'hésite encore quelques mois sur ma décision d'avenir, entre chercher du travail en France à la fin de mon contrat et partir au Japon. Dans ma branche, la reliure, le sentier déjà ténu semble bien encombré, et j'essuie refus sur refus.

Mais au mois de janvier suivant, après un autre entretient déplorable, la bouche pleine de sushis beaucoup trop bon marché pour être goûteux, je finis par me dire qu'une chance pareille ne risque pas de se représenter de sitôt. La décision est prise. Je recontacte cette dame lui disant que je suis prête et que j'aimerais commencer un stage au mois d'août 2012 si possible.

La suite n'est qu'une longue liste de formulaires, de demande de visa vacances-travail, d'assurance, de billet d'avion et surtout, surtout... de ma hantise : la rédaction du CV en japonais.

Mais ça, c'est une autre histoire.
 

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