Je ne suis pas la meilleure des patriotes. Parce que si mes camarades français ne m'avaient pas demandé ce que j'avais prévu de faire ce jour-là, je ne m'en serais même pas aperçue.

D'Ailleurs, après discussion entre intéressés, nous sommes venu à la conclusion que nous étions tous très occupés ce jour-là. Qu'à cela ne tienne, nous fêterons la prise de la Bastille le 13 juillet. C'est mieux que rien.

Il reste quelques boites de pâté chez Arianne, des biscuit normands périmés chez Tristan, 500 grammes de patates et un mélange d'herbe de provence chez moi. Un passage au supermarché du coin nous fourni une bouteille de vin de bordeaux, un fromage bleu, un oignon et des flambys. Un autre à la boulangerie de mon quartier nous offre l'essentiel : deux belles baguettes bien cuites.

 

Un 14 juillet à Kyoto

Une fois les pommes de terres rissolées, le vin aéré et les boites de pâtés ouvertes, nous fêtons allègrement la France. Des derniers potins de la fac à la politique européenne à mesure que le niveau de la bouteille descend, nous faisons honneur à notre pays.

Alors oui, cette année à cause du décalage horaire, je ne verrai ni les chevaux fringuants de la garde républicaine, ni les haches luisantes de la légion étrangère, ni l'arc-en-ciel bleu-blanc-rouge des avions de chasse.

Mais je serais tout de même fière d'être expatriée française. 

 

Surtout à la fin de la bouteille.

 

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Edit du 15 juillet : J'ai cru que le lendemain difficile me jouait des tours lorsque j'ai rallumé mon écran ce matin. Mais non. Certains d'entre nous fêtant la France par une belle soirée d'été n'auront plus jamais la gueule de bois. 

Ce sont l'impuissance et la lassitude qui m'étreignent aujourd'hui, plus encore que le chargin. Nous vivons dans un drôle de monde.

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